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Côté plus des Pallières

Denis Côté est un cinéaste québécois né en 1973. Arnaud des Pallières est un cinéaste français né en 1961. Leur travail, salué par la critique, est celui de têtes chercheuses, aussi à l’aise dans le documentaire que dans la fiction, l’expérimentation formelle et le romanesque — on verra cette dernière veine dramatique dans Boris sans Béatrice et Orpheline. Chacun, dans son propre sillon, s’ingénie à filmer le monde de biais pour le ré-enchanter et y trouver d’étonnantes vérités. Côté, au nom ainsi prédestiné, aime brouiller les pistes à coup d’effets à la fois minimaux et intenses : docu-fiction démarrant sur l’euthanasie, Nos États Nordiques (2005) dérivait lentement sur la description d’un village. Le cinéma poétique de des Pallières persiste à ne jamais raccorder ses trois histoires parallèles dans Adieu (2004) comme le voudraient « les conventions ». Le fifib voulait donc tenter ce « Denis Côté + Arnaud des Pallières », sachant que l’addition sera peut-être multiplication ou équation à plusieurs inconnues au final. Chacun a choisi deux de ses films pour les soumettre à l’autre et en tirer une discussion. On supposera donc les raccords a priori : Disneyland, Mon Vieux Pays Natal (2002) de des Pallières et Bestiaire de Côté (2013) sont deux visions mordantes de deux lieux clos de divertissement, où le spectateur ne verra plus jamais les animaux (Mickey ou une girafe dans un zoo) de la même façon. Et Boris sans Béatrice de Côté et Poussières d’Amérique de des Pallières (2011) démantèlent à leur façon les mythologies — grecque pour le premier, celle des USA pour le second — à des fins déstabilisantes. « Parfois, je dis que la prochaine étape c’est peut-être de filmer un mur » (Côté). « Je fais des films que je ne peux pas raconter » (des Pallières). On a très hâte de les écouter se parler.

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