HORREUR : NOM FÉMININ

Du 10 au 13
octobre 2018

HORREUR : NOM FÉMININ

Souvent pointé du doigt pour son caractère misogyne et son objectivation du corps des femmes, le cinéma dit de genre est pourtant aussi celui qui propose l’une des plus larges palettes de personnages féminins. Elles sont des scream queens (littéralement des “reines du hurlement”), des victimes de violences sexuelles prêtes à en découdre, des survivantes dont la mortalité est intrinsèquement liée à la pureté virginale, des adolescentes possédées, des sorcières en colère. Elles se prénomment Laurie, Carrie, Sidney, Kayako…
Derrière la caméra, le cinéma de genre est, comme ailleurs, un champ largement dominé par les hommes. Mais ces dernières années, de It Follows à Get Out, de nouvelles voix du cinéma indépendant se sont emparées des codes du cinéma d’horreur pour mieux les transcender. Parmi elles, beaucoup de réalisatrices. Récemment, Julia Ducournau (Grave), Jennifer Kent (Mister Babadook), Alice Lowe (Prevenge), Ana Lily Amipour (The Bad Batch). Avant elles, Claire Denis (Trouble Every Day), Marina de Van (Dans ma peau), Lucile Hadžihalilović (Innocence), Kathryn Bigelow (Aux frontières de l’aube).
À travers une pluralité de styles, du thriller psychologique à la chronique cannibale, de la maison hantée au giallo en passant par l’animation, ces réalisatrices déconstruisent chacune à leur manière les stéréotypes du genre, cinématographique et humain. On y parle ouvertement du corps, de fluides, de sexualité, de féminité et de masculinité, de pulsions (charnelles, destructrices, de mort), de maternité, d’identités, multiples, complexes. De domination masculine aussi, opposant à un regard masculin voyeuriste un female gaze bienvenu. Qu’ils soient sanguin, horrifique, métaphorique, leurs films donnent à voir des personnages complexes, dans toute leur entièreté, apportant au cinéma de genre une nouvelle nuance salvatrice.

Mélissa Blanco

Les films
de la programmation 2018

Junior

Julia Ducournau

FRA / 2011 / 20 MIN

Une adolescente en proie à une étrange mutation physique dans Junior de Julia Ducournau (six ans avant Grave, déjà avec Garance Marillier).

13 octobre – 21:00 – Cinéma Utopia

❢ En présence de Garance Marillier

Trouble Every Day

Claire Denis

FRA / 2011 / 100 MIN

Un chercheur américain à la recherche d’un remède susceptible de soigner un mal qui le ronge dans Trouble Every Day de Claire Denis.

13 octobre – 21:00 – Cinéma Utopia

❢ En présence de Garance Marillier

Don’t Think of a Pink Elephant

Suraya Raja

GBR / 2017 / 7 MIN

Dans le court d’animation Don’t Think of a Pink Elephant, le jouet fétiche des plus petits, la pâte à modeler, se coupe, se déchire, s’arrache au gré des pulsions destructrices de son héroïne.

10 octobre – 21:00 – CGR Le Français

The Voices

Marjane Satrapi

USA-ALL / 2014 / 103 MIN

L’histoire d’un homme qui suit les mauvais conseils de ses animaux à qui il raconte toutes ses peines de coeur.

11 octobre – 21:00 – CGR Le Français

O is for Orgasm

Hélène Cattet, Bruno Forzani

USA / 2012 / 4 MIN

O is For Orgasm sonde les tréfonds du désir et de la sexualité au féminin par le biais du giallo à qui Hélène Cattet et Bruno Forzani rendent, film après film, ses lettres de noblesse (Amer, L’étrange couleur des larmes de ton corps).

12 octobre – 20:30 – Cinéma Utopia

The Love Witch

Anna Biller

USA / 2016 / 120 MIN

Une malicieuse farce féministe pop et acidulée où une sorcière des temps modernes est prête à tout pour se faire passer la bague au doigt.

12 octobre – 20:30 – Cinéma Utopia

La persistente

Camille Lugan

FRA / 2018 / 22 MIN

Un homme qui ne vit et ne respire que pour sa moto est prêt à tout lorsque celle-ci lui est arrachée.

11 octobre – 21:00 – CGR Le Français

Mister Babadook

Jennifer Kent

AUT / 2014 / 94 MIN

Dans Mister Babadook, le livre de conte lu à la tombée de la nuit laisse échapper dans la maison une créature malfaisante.

10 octobre – 21:00 – CGR Le Français